Hello tout le monde ! J’espère que vous avez passé un très joyeux Noël ! On se retrouve aujourd’hui pour la troisième nouvelle de ce projet, intitulée – avec beaucoup d’à-propos ! – Dans mon coeur, la fête et elle est signée Charlotte. Vous pouvez retrouver son interview en cliquant directement sur son nom.

A tous & toutes, une très bonne lecture !


DANS MON COEUR, LA FÊTE

Charlotte

 

Allongé dans mon lit, les mains sous la tête, je rêvasse.

Des enceintes de mon ordinateur s’échappe la voix de Jeff Buckley sur So Real.

« Love, let me sleep tonight, on your couch »… La voix douce et charnelle du chanteur résonne doucement entre les quatre murs de ma chambre, et je laisse mes pensées divaguer au gré de la mélodie. A la fin du morceau, je daigne enfin tourner les yeux vers mon radio réveil. 18H30. Il serait peut-être temps que je bouge mes fesses et me prépare pour rejoindre la petite fête organisée par Anna. Elle m’a fait promettre d’arriver tôt pour l’aider dans les derniers préparatifs, mais la connaissant, je suis persuadé que tout est déjà installé au millimètre près. Elle veut juste m’avoir sous la main pour être sûre que je ne me débine pas au dernier moment.

Il faut dire que je suis un être solitaire. Je n’aime pas la foule, ni les gens en règle générale. Ça peut paraître prétentieux dit comme ça, mais je crois que c’est réciproque. Comme je ne suis pas très loquace, les autres me trouvent au mieux bizarre et au pire aussi inintéressant qu’une huître. C’est d’ailleurs franchement étrange que l’on soit resté amis avec Anna. On ne peut pas faire aussi différents que nous deux : elle, solaire, maniaque du contrôle et des milliers de followers sur les réseaux sociaux et moi, étudiant en art désordonné, mélancolique et asocial. Mais tous les deux on se comprend sans échanger un mot et sans se juger, on a le même sens de l’humour un peu grinçant. Elle me connaît tellement bien qu’elle a réussi à me piéger pour cette soirée avec une seule phrase. Elle m’avait énuméré la liste de ses invités et je l’avais fait rire en faisant une piètre imitation de chacun de ceux que je connaissais. Jusqu’à ce qu’elle prononce innocemment une toute petite phrase. « Ah, j’avais oublié ! Joachim passera sans doute nous faire un coucou ». Mon cœur avait manqué un battement « Ah bon ? Tu le connais si bien que ça ? ». Elle m’avait gratifié d’un sourire mystérieux. « Et ça t’étonne ? ».

La seule mention de ce nom, Joachim, me ferait faire n’importe quoi. Je décide d’ailleurs d’arrêter de tergiverser et de me mettre en route pour rejoindre Anna et sa soirée. Je prends mes clés, une casquette que je visse sur ma tête et mon polaroïd. Sur le chemin, rêvassant toujours, je me remémore la première fois où j’ai rencontré Joachim.

 

***

 

C’était à l’automne dernier. L’université avait organisé une soirée débat autour des différentes techniques artistiques, et Anna m’y avait traîné. « Ça te fera sortir un peu de ta grotte » avait-elle argué. « Et puis c’est ton domaine non ?  Tu apprendras peut-être quelque chose de plus intéressant que dans tes cours de gribouillage » avait-elle ajouté en me tirant la langue. Elle m’avait finalement planté dès le début de la première table ronde pour aller rejoindre Sébastien, son crush du moment. « Mais ne pars pas sans moi s’il te plaît, Hugo. Je ne veux pas rentrer toute seule » m’avait-elle lancé avant de s’éclipser. C’était toujours la même chose avec elle. J’étais persuadé qu’elle avait prévu son coup depuis longtemps, j’étais juste son alibi pour participer de manière naturelle à cette soirée (elle n’y serait jamais allée pour le plaisir) et croiser par hasard ce fameux Sébastien. Je m’étais vengé depuis en l’obligeant à poster des critiques dithyrambiques sur tous ses réseaux sociaux de mon expo à la bibliothèque universitaire.

J’avais poussé un soupir en la regardant minauder devant son bellâtre, puis m’étais assis devant l’une des scènes. Et comme l’avait prédit ma délicieuse amie lâcheuse, les débats s’étaient montrés vraiment intéressants. Je m’étais même surpris à prendre la parole à quelques reprises (ce qui est assez surprenant pour le souligner, d’habitude je me contente d’écouter sagement dans mon coin en gardant mes idées pour moi). Mais au bout d’un moment, sans nouvelles d’Anna, je m’étais levé pour aller la chercher. Et c’est à ce moment précis que Joachim était apparu sur scène. Les discussions sur le débat précédent allaient encore bon train dans la salle, et pourtant sa voix chaleureuse avait résonné clair et fort au-dessus de toutes les autres. Il avait déclamé quelques vers de William Blake, ceux parlant de grain de sable et d’éternité. Tout le monde s’était tu et avait tourné les yeux vers lui. Je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi charismatique et pourtant il ne payait vraiment pas de mine : mince, taille moyenne, épaules un peu trop carrées serrées dans un t-shirt blanc, blue jean délavé, il serait passé totalement inaperçu au milieu d’une foule. Mais là, seul sur scène, il dégageait quelque chose de très physique, comme si tout l’espace entre lui et le public avait été réduit au minimum et que l’on pouvait frôler sa tignasse mordorée enserrée dans un rapide chignon rien qu’en tendant le bras. J’avais eu immédiatement envie de faire son portrait, dans un mélange de photographie, peintures et collages.

Je me trouvais dans cet état de saisissement, bouche bée, pas tout à fait debout, la main accrochée à l’accoudoir de mon siège, lorsqu’il s’était tu. Il avait scruté la salle avec   attention puis ajouté d’une voix douce et mesurée « Maintenant que j’ai toute votre attention… ». Et là, ce fut comme s’il me murmurait à l’oreille, son souffle glissant sur ma nuque « Et maintenant que j’ai toute ton attention ». J’étais retombé maladroitement sur mon siège, manquant de bousculer ma voisine de gauche qui m’avait adressé un regard réprobateur.

Joachim était tellement à l’aise sur scène et arrivait à captiver son public de façon si nonchalante que j’avais d’abord cru, à tort, qu’il était étudiant en art dramatique. Mais c’était finalement la littérature qui l’intéressait, et plus particulièrement les écrivains engagés. J’avais littéralement absorbé chacune de ses paroles pendant près d’une demi-heure. Sa vision du monde et du rôle des artistes, quel que soit leur moyen d’expression, a résonné fortement en moi. Et sa voix – cette voix qui m’avait suspendu dans mon élan – sa voix avait déclenché des sensations nouvelles, dont je n’avais pas entièrement pris la mesure à ce moment-là : des picotements dans la nuque, une boule de chaleur au creux de ma poitrine, à la fois grisante et oppressante, et une envie irrésistible d’aller lui parler, immédiatement après la fin du débat, et ce malgré mon manque de sociabilité.

D’habitude, je me sens souvent en décalage par rapport aux autres, comme si je n’étais pas tout à fait à ma place. Et mes quelques aventures amoureuses ont souvent été des flirts sans lendemain. Je n’ai jamais mis toutes mes tripes dans une histoire, je n’ai jamais été dévasté lorsque l’une d’entre elles se terminait. Anna, qui est friande de potins, me demandait sans cesse de tout lui raconter (elle ne se gênait pas pour me raconter ses expériences intimes dans les moindre détails). Et moi je répondais inlassablement « C’était sympa, mais pas passionnant ». « Tu es trop compliqué aussi, si tu continues comme ça, tu ne trouveras jamais personne » m’avait-elle lancé un jour. Je l’avais boudée quelques temps, puis je m’étais résigné : trouver quelqu’un n’était pas vraiment ma priorité, et je me sentais toujours plus épanoui au milieu de mon matériel de peinture qu’au bras de n’importe quel garçon, aussi beau soit-il.

Mais ça, c’était avant de rencontrer Joachim. Ce soir-là, à la fin des tables rondes et encouragé par la chaleur grisante qui était niché dans ma poitrine, je m’étais précipité vers lui, manquant de renverser le verre de champagne que j’avais attrapé au passage sur l’une des tables du buffet. Par chance, il venait de prendre congé de l’un de ses camarades, et je m’étais donc retrouvé face à face avec lui. Et là, toute l’assurance engrangée durant les minutes précédentes s’était complètement envolée. Je l’avais dévisagé sans vergogne pendant plusieurs secondes avant qu’il ne me lance un « bonsoir ? » mélodieux et engageant.

« Euh… Oui ! Pardon ! Bonsoir ! Joachim c’est bien ça ? Je voulais juste te dire que j’ai trouvé tes interventions très inspirantes. Et ton entrée en scène, whoua ! J’ai été estomaqué ! »

« J’ai cru voir ça » m’a-t-il simplement lancé avec un sourire malicieux.

Super… Je ne savais plus où me mettre. Il avait sans doute dû me voir langue pendante et regard globuleux au début de sa prise de parole.

Je commençais à me sentir rougir lorsqu’il avait ajouté : « Ton visage m’est familier… On s’est déjà rencontré quelque part ? C’est quoi ton nom déjà ? »

« Oh ! Pardon encore ! Moi c’est Egon… Enfin non, c’est Hugo dans la vraie vie. Egon, c’est mon pseudo, quand je peins »

Son regard s’éclaira « Oh mais oui ! Hugo D. ! J’ai vu ta photo sur les flyers de la bibliothèque. Tu y exposes quelques-unes de tes œuvres non ? Je les ai pas encore vues, mais on m’a dit beaucoup de choses positives sur ton travail ».

Mince ! Il me connaissait ! Et disait que d’autres me connaissaient aussi, à travers mes tableaux ! La boule de chaleur de ma poitrine s’était répandue dans le reste de mon corps. La scène était devenue presque irréelle, j’avais eu la nette impression de ne plus avoir les pieds sur terre, de flotter. C’était une sensation que je n’avais encore jamais éprouvé : le plaisir intense d’être là, avec lui, mais en même temps la crainte excessive que tout s’arrête. J’avais préféré rompre moi-même le charme en reprenant la parole, avant que quelqu’un d’autre coupe cet instant qui m’avait paru durer mille ans.

« N’hésite pas à aller y faire un tour, j’aimerai beaucoup avoir ton avis. Et puis si ça te plaît, j’aimerai beaucoup faire ton portrait. Comme je te l’ai dit, tu es très inspirant ».

N’en revenant pas de ma propre audace, je lui avais tendu une carte de visite qui traînait dans la poche arrière de mon jean. Il l’avait saisie sans cesser de me dévisager. Derrière ses larges lunettes, ses yeux amande avaient paru scruter mon âme et y voir clair dans mon petit jeu… Même si je ne savais pas moi-même à quel jeu je jouais.

« Je n’y manquerai pas, Hugo » avait-il réussi à me répondre avant qu’une fille, dont je n’avais pu apercevoir que l’épaisse chevelure blonde, se glisse entre nous deux. « Ah te voilà enfin Joachim ! Il faut absolument que tu parles au professeur K. Il a adoré ta présentation. Il voudrait que tu animes un de ses cours ».

Apparemment, je n’étais pas le seul à admirer Joachim. Il m’avait adressé un sourire contrit et salué rapidement de la main qui tenait encore ma carte de visite avant de s’élancer sur les pas de la fille.

J’étais resté un petit moment le regard perdu dans le vague, ma coupe de champagne toujours pleine à la main, ne sachant pas trop si je venais de me couvrir de ridicule. Et puis Anna était apparue dans mon champ de vision, avec ses yeux de Chat Potté cherchant du réconfort : apparemment, ça ne s’était pas bien passé avec Sébastien. Nous étions rentrés bras dessus bras dessous, elle pleurant faiblement sur mon épaule jusqu’à ce que je lui avoue que la soirée avait pris une tournure inattendue pour moi. D’un geste énergique, elle avait essuyé ses larmes et m’avait demandé de tout lui raconter.

 

***

 

Le temps de refaire cette fameuse soirée dans ma tête, je suis arrivé chez Anna.

Elle m’attend patiemment sur les marches de son perron.

« Te voilà enfin Hugo ! J’ai cru que tu ne te déciderais jamais à venir » me balance-t-elle en guise de bonjour.

Je réplique aussitôt : « Appelle-moi Egon s’il te plaît. Et tu sais bien que les artistes n’ont pas la même conception du temps que le commun des mortels ».

Elle lève les yeux au ciel avant de me serrer dans ses bras « Très bien Monsieur Egon à l’ego surdimensionné ».

Nous rentrons rapidement à l’intérieur pour terminer l’installation de la fête, mais comme je l’avais déjà deviné, Anna s’ était très bien débrouillée seule. Il reste juste quelques petites choses à manger à sortir du four et une nappe à réajuster. Si elle attache autant d’importance à ses petites fêtes et à sa popularité sur les réseaux sociaux, c’est qu’elle espère un jour ouvrir sa propre agence spécialisée dans l’évènementiel, et je sais qu’elle sera la meilleure dans son domaine.

On se raconte nos journées respectives, on se donne les derniers potins universitaires et, au moment où j’aperçois les premiers invités par la fenêtre, je lui demande dans un soupir : « Tu crois qu’il viendra ? ». Elle m’adresse seulement un regard plein de certitudes et d’encouragements avant d’aller ouvrir aux nouveaux arrivants.

Moi qui avais été surpris par mon audace lors de cette soirée d’automne, j’étais très vite retourné dans ma coquille. Et pourtant, j’avais revu Joachim depuis. C’était même lui qui m’avait contacté, un peu avant les fêtes de fin d’année. Il avait vu mes tableaux et voulait en discuter. J’avais été saisi d’une certaine appréhension mais j’avais fébrilement accepté. On s’était donné rdv à la bibliothèque, et il avait commenté de manière franche mon travail. « Ta technique est très intéressante, mais tes thématiques sont un peu fades. C’est comme si tu tournais autour du pot, sans aller à l’essentiel. Tu as pourtant beaucoup de sensibilité, ça se voit. Maintenant, il faut oser ! ». Cette discussion m’avait bouleversé, c’était comme s’il me connaissait depuis toujours. À cette occasion, il m’avait d’ailleurs reparlé de la proposition  que je lui avait faite, concernant son portrait. « Je suis d’accord pour te servir de modèle, si ça peut t ‘aider à progresser ». Bien entendu, j’avais sauté sur l’occasion. On se voyait donc régulièrement depuis quelques mois, pour des séances de croquis et de photo, dans un atelier que je partage avec d’autres artistes. J’aurai pu terminer depuis longtemps ce portrait, mais j’étais devenu accro à ces séances. D’abord parce que je pouvais observer à loisir celui qui hantait mes pensées, et graver chaque détail de sa personne dans mes rétines, mais aussi parce qu’on se lançait dans des discussions qui me stimulaient énormément.

Un jour où Anna avait assisté à l’une de nos séances, elle m’avait dit, sur un ton un peu agacé : « Je ne vois pas ce que tu attends pour te lancer. Ça crève les yeux que tu es fou amoureux. Et je peux te dire qu’il en pince pour toi aussi ! ». J’avais grommelé qu’elle n’en savait rien, qu’elle ne le connaissait même pas. « Tu es tellement absorbé par ta peinture et tes pinceaux que tu ne vois même pas la façon dont il te regarde, et tous les petits gestes tendres qu’il a envers toi ».

En vérité,  je n’agissais pas car j’avais peur. Peur que cette potentielle relation passe de l’ordre du possible à l’irréalisable. Peur de mettre un terme à ces petits moments hors du temps qui me rendent si plein d’espoir. Peur que Joachim disparaisse aussi subitement de ma vie qu’il n’y était apparu.

 

***

 

La soirée bat son plein, mais je n’arrive à me mêler à aucun des groupes qui se sont formés. Je ne pense qu’à Joachim, et il n‘est toujours pas arrivé…

Je décide de m’exiler dans le jardin, sur un petit banc en fer, sous le chêne. Avec Anna, on a passé des heures sur ce banc à refaire le monde et à imaginer nos vies futures. À cet instant, j’ai du mal à imaginer ma vie sans la présence de Joachim, sans ses éclats de rire, sans ses discours passionnés sur les écrivains du XIXe, sans sa voix tout simplement. J’allume une cigarette pour me détendre, et alors que j’expire la première bouffée de fumée, Joachim apparaît par la porte-fenêtre du salon. Surpris et paniqué, je tente maladroitement de me débarrasser du mégot, mais il m’a vu et s’avance en riant. « Pas besoin de la jeter, je ne suis pas ta mère. » Je ris aussi. « Je sais, mais les vieilles habitudes sont tenaces ».

« Désolé pour le retard. J’ai été un peu accaparé par ton amie, Anna. Elle a voulu me faire visiter toute la maison »

« Ah oui, elle est un peu excessive. Je pense surtout qu’elle voulait que tu remarques à quel point tout a été si bien organisé ».

« En tout cas, c’est chouette de sa part de m’avoir invité. Ça me fait plaisir de te voir en dehors de l’atelier ». Il s’assoit à côté de moi. Nos genoux se touchent. Je ne bouge plus d’un pouce et je bafouille : « Je… Moi aussi… je suis content que tu aies pu venir ».

Un silence un peu gêné s’installe entre nous, c’est la première fois qu’on se retrouve vraiment seul à seul, sans le biais du portrait. Mais très vite, l’aisance de Joachim reprend le dessus. Il me dit qu’il est allé voir le film que je lui avais conseillé, et qu’il avait adoré l’ambiance, même si l’acteur principal était très mauvais. Je me détends peu à peu, et on commence à parler de tout et de rien, de la fac, des profs, du dernier auteur à la mode que l’on déteste tous les deux, de nos projets pour l’été. J’ai tout le temps de m’adonner à mon loisir préféré : le détailler de la tête aux pieds. Ses fossettes qui s’animent lorsqu’il parle, ses yeux qui pétillent à l’évocation de son auteur préféré, sa main qui s’agite pour défendre une cause qui lui tient à cœur, puis qui retombe, dangereusement proche de mon genou. Je résiste à la tentation de passer ma main dans ses boucles mordorées qui accrochent merveilleusement bien les lumières dansantes du jardin. Je me sens bien, léger, confiant. La boule de chaleur est revenue se caler au fond de ma poitrine. Pour la première fois, je me sens tout à fait à la bonne place.

Soudain, les lumières du quartier s’éteignent. Et c’est à ce moment-là que ma boule de chaleur décide d’exploser. Je passe ma main dans la nuque de Joaquim et me rapproche pour lui donner un baiser. Mais je n’avais absolument pas prévu qu’il ferait la même chose de son côté. Nos fronts s’entrechoquent maladroitement et nos lèvres se ratent.

Nous pouffons à l’unisson. Je lance : « Aouch ! Pire premier baiser de l’histoire de l’humanité ».

« L’humanité a encore de longs jours devant elle, on a largement le temps de se rattraper » me répond Joachim en caressant ma joue.

Son souffle chaud contre mes lèvres me fait quitter la terre ferme. Les lumières sont toujours éteintes, les invités commencent à râler, mais nous sommes à des milliers d’années-lumière de là, à nous étreindre et nous apprivoiser.

 

***

 

Le réveille sonne, la musique s’enclenche. J’émerge lentement. « Oh that was so real » chante toujours Jeff Buckley. Oh oui, le rêve de cette parfaite soirée semblait si réel que j’essaie de m’y lover encore quelque instants.

Je tâtonne sur ma table de chevet pour éteindre la musique et tombe sur mon polaroid. Tiens, je ne me rappelle pas l’avoir laissé là. Je relève la tête. Sous le polaroid, une série de photo attire mon attention. Joachim et moi, sur le banc, sous le chêne. Riant aux éclats. Nous embrassant une fois la lumière revenue. En pleine discussion. Échangeant un regard doux et intense, heureux. Et ces quelques mots d’Anna : « Dans ton regard, le bonheur. Dans ton cœur, la fête. »

 

8 réflexions sur “Nouvelle #3 : Dans mon coeur, la fête

  1. Mais mais… quelle nouvelle !!! Je suis tombée amoureuse de la plume, des perso et de cette histoire beaucoup trop mignonne (et loin d’être mièvre ! 😉 ! Merci pour cet écrit d’amour qui fait chaud au coeur ❤

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  2. Quelle jolie histoire. C’est doux et chaud à la fois, et les hésitations d’Egon sont vraiment touchantes, tellement vivantes. Bravo, c’est adorable.
    (Et je plussoie Louve sur Joachim. Son entrée en scène est juste un moment écrasant de charisme. Chapeau ❤ )

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  3. Je rejoins les autres pour Joachim, il est impressionnant **
    Et Hugo m’a touchée avec sa timidité, ses hésitations… c’est vraiment une histoire belle et touchante ♥

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  4. Hugo est adorable *_* J’aime beaucoup sa timidité, le fait qu’il ose quand même. Et Joachim a l’air très intéressant à découvrir aussi, avec ce charisme et cette facilité au contact. ❤ à eux deux.

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